Drame·Romance

« Les deux vies de Lydia Bird » : une histoire de reconstruction et de survivance

On ne peut s’empêcher de se projeter en lisant le roman de Josie Silver. Qui n’a jamais eu un jour peur de perdre l’être aimé ? Qui n’a jamais craint l’absence ? Et ces quelques mots qu’il nous arrive de prononcer : « Si demain une telle tragédie m’arrivait je ne m’en remettrais jamais ». Et il y a Lydia. Cette femme qui un jour voit sa vie basculée lorsque son amoureux, Freddie, son futur mari, meurt dans un accident de voiture. Le roman de Josie Silver débute sur cet évènement et déjà nous avons le souffle coupé. C’est le déni, l’incompréhension, la révulsion, l’horreur qui se dessinent puis il y a les lendemains. La survie, les réveils, les premières fois sans l’autre, le regard des proches, celui des amis de Freddie, la compassion, l’odeur qui traine sur l’oreille, le parfum qui disparaît, les condoléances qui lui rappellent la réalité qu’elle préfère ignorer …

Josie Silver dépeint avec une profonde émotion et une infinie justesse les étapes du deuil, ce qui se joue dans l’esprit de Lydia mais aussi dans l’esprit de l’entourage qui se sent impuissant. Mais Les deux vies de Lydia Bird n’est pas uniquement un roman sur le deuil, c’est une histoire de reconstruction et de survivance. Lydia pour dormir doit prendre des somnifères. Est-ce l’effet du médicament ? Existe-t-il réellement un monde parallèle ? Devient-elle folle ? Toujours est-il qu’une fois endormie elle rejoint Freddie dans une seconde vie où son amoureux est toujours en vie, où les éléments entre la vie éveillée et celle-ci se raccordent hormis quelques détails troublants. Lydia délaisse alors sa vie de veuve au profit de celle offerte par Morphée. Un jeu dangereux mais qui semble la réconforter. Elle se met alors à choisir les jours pour le retrouver, une date anniversaire, un diner en famille, un voyage … Endormie, l’espoir est toujours permis. Réveillée, la réalité la rattrape.

Les livres et les films sur les histoires d’amour anéanties par la mort sont monnaie courante mais Josie Silver façonne ici une histoire jamais vue, pas à ma connaissance en tout cas. L’idée de cette double vie est excellente et nous plonge dans une espèce de dualité. Nous avons envie de dire à Lydia qu’il n’est pas bon d’entretenir une relation qui n’existe plus et à la fois à sa place nous ferions exactement la même chose rien que pour le serrer une dernière fois dans nos bras. Et au milieu de cette torpeur, de ce vide intersidéral, il y a Jonah Jones, le meilleur ami de Freddie et de Lydia qui se trouvait dans la voiture au moment de l’accident. A eux trois, ils formaient le trio inséparable mais la grande faucheuse est venue semer le trouble.

En plus de la tristesse, la culpabilité et le ressentiment s’invitent dans le roman de Josie Silver. Lydia doit réapprendre à vivre seule mais elle doit aussi reconstruire une amitié malmenée. C’est alors la confrontation de deux âmes esseulées qui ne savent plus comment faire le premier pas. Il y a tout dans ce roman. De la perte à la renaissance, de l’amertume au pardon, du malheur à l’espoir … Nous nous imprégnons de toutes ces émotions sans jamais perdre de vue Lydia, le souffle du roman, cet être perdu qui page après page trouve la force de se relever et de voir les beautés que la vie a encore à offrir.

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