Feel Good

« Grandir un peu » : Un roman d’une douceur sans faille

C’est l’histoire d’un trio qui sur le papier ne semble avoir ni queue ni tête et pourtant. Jeanne, Raymonde et Lucas. La première quitte son conjoint sur un coup de tête. La seconde vit dans une ferme en pleine campagne, n’a pas la langue dans sa poche, le verbe haut, l’honnêteté mal placée et l’humour mordant. Elle m’a d’ailleurs fortement fait penser à Mamie Luger, cette petite vieille du roman éponyme écrit par Benoit Philippon, une veuve noire, acerbe, mais d’une douceur et d’un amour sans faille. Le troisième est le petit-fils de Raymonde, communicatif, enthousiaste, rieur et dynamique. Tous trois se retrouvent à vivre au sein de cette ferme dont une partie a été transformée par Raymonde en beaux appartements.

Résumé : « Vieille dame un peu loufoque loue appartement meublé à dame de bonne compagnie. Loyer modéré contre menus services. » Il suffit parfois d’une petite annonce dans un journal pour faire basculer une vie. Dans le sud de la France, Jeanne Jambon, jeune femme peu sûre d’elle, décide sur un coup de tête de fuir une existence qui ne lui ressemble pas. Elle va trouver refuge auprès de Raymonde, une vieille dame fantasque et rebelle et de son petit-fils, Lucas, garçon solaire, beau comme un astre. Tous les trois vont alors tenter de s’apprivoiser et vivre une parenthèse enchantée, à l’abri du monde, et apprendre les uns des autres. Jusqu’au jour où la vie va finir par les rattraper et les obliger à grandir un peu…

Un cocon idéal pour Jeanne qui a besoin de se reconstruire et trouver son propre chemin. Elle trouve avec ses deux compagnons de route, Lucas et Raymonde, les piliers de ses pérégrinations existentielles. Mais au fur et à mesure du roman, nous nous rendons compte que du bonheur de l’un dépend celui des autres. Ils ont tous les trois quelque chose à rafistoler, un accroc à réparer, une faiblesse qui les rend vulnérables. Julien Rampin nous offre trois personnages bancals mais terriblement attachants dans leurs imperfections et l’effort quotidien qu’ils font pour tout surmonter.

On peut passer des années à côtoyer des gens qui effleurent à peine ce que nous sommes. Et un matin, on croise quelqu’un qui percute nos ambitions intimes. Fracasse nos millions de carapaces, en un éclat de rire.

Trois vies, trois destins, trois histoires ponctués de souvenirs d’enfance qui nous aident à mieux les appréhender, les comprendre et être fiers du chemin parcouru. Parce que oui j’ai ressenti de la fierté en suivant leur évolution, j’ai ressenti une infinie tendresse aussi. En lisant « Grandir peu », j’ai eu la sensation d’être dans une barque me laissant porter au fil de l’eau des rayons de soleil perçant à travers les feuilles d’hêtres centenaires bordant son lit. Un roman d’une douceur sans faille.

 

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