Drame·Romance

« Normal people » : Une romance psychologique qui interroge la notion de normalité

J’ai commencé Normal People de Sally Ronney (Editions de l’Olivier) en butant sur les mots, sur les phrases, sur le flow. Les dialogues, les conversations ne sont pas édités comme à l’accoutumée de sorte qu’il est impossible de distinguer la parole du récit. J’ai mis du temps à m’y habituer et à distinguer l’un de l’autre. Au-delà de cette petite subtilité, nous sommes aux côtés de Connell et Marianne, deux adolescents de la même ville irlandaise. La mère du premier est femme de ménage pour la famille de la jeune fille. Ils se côtoient donc régulièrement mais en dehors du lycée où ils n’ont aucun contact. Marianne fait partie de ces lycéennes mises sur le banc de touche.

Et pourtant, l’auteure ne la décrit pas selon les clichés habituels. Elle n’est pas particulièrement laide, elle est intellectuelle et est l’une des plus brillantes élèves de l’établissement mais l’auteur n’en fait pas la caricature du rat de bibliothèque qui se retrouve avec des chewing-gums dans les cheveux déposé là par les filles les plus populaires. Connell fait partie des adolescents très prisés par ces dernières, étouffé par la crainte d’avouer ses sentiments pour la risée du lycée. Toujours est-il que ces deux là s’apprécient énormément et passeront presque cinq ans entre le lycée et la fin de leurs études universitaires à se voir, se déchirer, s’aimer, s’apprivoiser, se détacher, se détester, se parler, se retrouver, s’ébranler pour enfin se reconnaître.

Il se disait qu’il se sentirait moins seul avec elle, mais cela n’a fait que rendre sa solitude plus tenace, comme si elle était enracinée en lui, impossible à éliminer.

A travers cette “romance” psychologique, l’auteur interroge la notion de normalité, ses limites et la subjectivité propre à chacun qui les fait vaciller. Elle remet aussi en question l’effet de masse, l’effet du troupeau rangeant dans des cases certains de leurs congénères, les relayant donc indéfiniment aux préjugés qui leur sont associés. Marianne est considérée comme psychologiquement instable, jouant de son corps, incitant la domination des hommes, recherchant leurs insultes, leurs coups …

Sa personnalité évolue en fonction de l’image que les autres ont d’elle. Il en va de même pour Connell. Mais elle comme lui semblent être les seuls à savoir qui ils sont réellement et à se voir sous leur vrai jour. Les deux personnages sont intéressants mais l’histoire en elle-même et l’écriture ne permettent pas de voir clairement où l’auteure veut en venir. J’ai souvent eu la sensation de tâtonner dans ces allers et retours incessants entre les séparations et les retrouvailles de Marianne et Connell, de tourner en rond sans jamais atteindre le but ultime.

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