Aventure·Feel Good·Romance

« La révérence de l’éléphant » : Entre la France et l’Afrique, trois destins intimement liés confrontés aux épreuves de la vie

Quand on évoque la Tanzanie, on pense à de grandes plaines arides, aux tribus Maasaï, à cette faune sauvage et préservée, à cette chaleur sèche et étouffante, à de longues après-midi au milieu des fauves, protégée par l’habitacle d’un pick up habitué à la poussière qui encrasse sa mécanique. La Révérence de l’éléphant peint ce décor jusque dans les moindres détails à ceci près que la faune préservée ne l’est pas autant qu’on pourrait le croire.

Emmanuel, fervent défenseur de la cause des éléphants, a quitté son poste de journaliste sportif en France pour se consacrer à la photographie animalière en Afrique. Il a laissé derrière lui Marguerite, sa grand-mère qui l’a élevé comme un fils. Sa fille, la mère d’Emmanuel est décédée en le mettant au monde. C’est donc Marguerite et Auguste son défunt mari qui ont pris soin du garçon. La vieille dame est en Ehpad à Cannes. Atteinte d’un cancer elle sait ses jours comptés et souhaite choisir quand, comment et où partir définitivement. Elle va y rencontrer Roxanne, une as du poker bien décidé à offrir son aide aux résidents et ainsi combler le manque de sa grand-mère disparue plus tôt dans ce même établissement.

Elle est persuadée qu’il n’y a que deux manières de bien mourir : sans s’en rendre compte ou en ayant tout prévu soi-même.

Nous allons suivre ces trois personnages, les accompagner dans leurs quêtes qui les lient intimement. Ce roman aborde plusieurs sujets forts : l’addiction, l’euthanasie et la protection d’un écosystème fragile. Trois sujets qu’il est difficile d’associer et d’aborder avec rigueur et équité dans une seule et même histoire. Et pourtant Laura Trompette y parvient, tissant ces trois vies devenant indissociables au fil des pages. De l’une dépend le bien de l’autre. Derrière la légèreté des échanges, la fluidité de l’écriture, la simplicité qui lie les personnages c’est le cœur lourd que le lecteur passe les chapitres.

Nous connaissons dès le début l’issue de ce roman, le décès de Marguerite, nous le comprenons assez vite. Et c’est la force de ce livre. Ce n’est pas la fin du roman qui importe, ce n’est pas la disparition de la vieille dame qui compte mais plutôt le processus qui la conduit à ce moment, tout ce cheminement psychologique pour elle et ses proches, l’ascenseur émotionnel dans lequel Emmanuel et Roxanne embarquent pour mener à bien ce projet funeste.

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