Historique

« Antonia la cheffe d’orchestre » : Une quête de liberté avec persévérance, courage et ténacité

Willy. Antonia. Deux prénoms pour une seule personne, une seule et unique femme prête à tout pour réaliser son rêve, celui de devenir cheffe d’orchestre. Ce roman inspiré de faits réels, inspiré de la véritable histoire d’Antonia Brico, première femme à avoir été reconnue comme cheffe d’orchestre, est une quête identitaire, une quête de soi mais avant tout une quête de liberté.

Résumé : New York, 1926. La jeune Willy est dactyclo la journée, placeuse au théâtre le soir, dans l’univers enchanté de la musique, sa véritable passion. Si le personnel n’a pas accès à la salle durant les concerts, elle peut se réfugier dans les toilettes des hommes, juste sous la scène. Là, elle ferme les yeux et s’imagine diriger la centaine de musiciens. Mais le jour où le théâtre accueille le célèbre chef d’orchestre Mengelberg, Willy décide d’assister au concert, quitte à perdre son emploi. Pour devenir cheffe d’orchestre, elle se doit d’écouter les plus grands ! Et qu’importe si c’est un métier d’homme, s’il est impensable, et même inconvenant qu’une femme tienne la baguette sur scène. Pour accomplir sa destinée, elle est prête à surmonter tous les obstacles qui se dresseront sur son chemin.

La plupart des personnages tâtonnent, dissimulent, jouent entre le clair et l’obscur de leur personnalité. Robin qui oscille entre deux sexes, Franck qui malgré ses origines tente de s’en détacher et bien entendu Willy qui deviendra Antonia une fois le mystère de sa naissance dévoilé. Nous sommes dans les années 1920, aux États-Unis, entre deux mondes, celui des laissés pour compte, des « déchets » d’une société à deux vitesses et celui de la haute, celle qui brille et se distingue, la dédaigneuse, la fière, la grandiloquente. Et au cœur de ce système, il y a Willy, cette jeune femme qui aime la musique plus que tout au monde, qui interprète ses portées fétiches sur un piano muet et sourd, qui voue une admiration sans faille aux compositeurs et chefs d’orchestre de son époque.

– Elle a peut-être raison, dit Mengelberg. Avant notre mariage, ma femme était une chanteuse très douée.
– Oui, mais cheffe d’orchestre ! proteste ma mère, en toisant Willy. Vous ne pensez tout de même pas sérieusement y arriver ?
– Je croyais que l’Amérique était la terre des opportunités, se défend-elle ?
– Pas pour tout le monde, réplique ma mère, considérant la question close.

Elle a un objectif et n’en démord par peu importe les sacrifices financiers et sentimentaux. Ce personnage est incroyable, riche de persévérance, de courage et de ténacité dans un milieu orchestré par la gente masculine qui ne laisse aucune place aux femmes. Mais c’est cette fougue et cette liberté qui viennent balayer toutes les certitudes d’une époque. Je n’ai pas compris tout de suite qu’il s’agissait d’une histoire vraie, qu’Antonia Brico avait réellement existé, que cette femme s’était battue pour se faire une place et prouver son talent.

Ce roman n’en a que plus de beauté puisqu’il relate à la perfection son histoire et son combat. J’ai adoré suivre ce triptyque : Willy, Franck et Robin, comprendre par quels mécanismes ils étaient tous les trois liés et comment Franck et Robin ont à leur manière contribué au succès d’Antonia et comment par sa force elle a, elle aussi, contribué à leur évolution. Les chapitres attitrés à chaque personnage offre un rythme soutenu, une multiplicité des points de vue qui enrichit l’histoire et lui procure les plus belles des sonorités.

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