Autobiographie·Impressions littéraires

« Ma Cabane » : Un antre comme thérapie entre solitude, grands espaces et nostalgie

Un soupçon de Sylvain Tesson, un rien de Mike Horn, les réminiscences de Christopher McCandless … Le récit d’Olivier Garance, Ma Cabane, est comme son titre l’indique une échappée sauvage dans les souvenirs d’enfance. La randonnée dans les veines il met un pied devant l’autre et nous embarque avec lui sur les traces de ses parents, de son père, sur les traces d’une colère qui l’habite depuis ses premières années et qui ne le quitte pas … pas encore.

Résumé :

C’est une petite maison, posée dans un décor de montagne. Olivier en tombe amoureux. Il va y revenir, faire des retraites, en prendre soin comme d’une personne. Cette cabane, c’est sa forêt de Sibérie. Son asile. C’est un cri de révolte autant qu’un cri d’amour. Un endroit qui l’aide à vivre. Un rêve de gamin. Avec lui, nous ressentons l’épaisseur de la nuit comme celle du silence, nous éprouvons le froid et le parfum des petits matins… Nous vivons ce désir qui est en chacun de nous, celui d’une échappée sauvage dans laquelle enfin se retrouver.

Olivier Garance nous entraine avec lui à la redécouverte de cette cabane. Elle fait partie de son paysage à lui, celui du passé et il a ce besoin de l’apprivoiser, d’y retrouver des odeurs, des objets, ses perceptions d’enfant. Ma Cabane devient alors un personnage à part entière, un repère pour son âme perdue dans le quotidien du bas, celui de la vallée qui vous submerge. Ma Cabane est le livre de la reconnexion à soi et aux autres. C’est aussi ce besoin de solitude et de silence. Mais quand l’homme, quand l’autre rompt une solitude tant recherchée tant attendue, les démons resurgissent, le lien avec l’autre devient impossible et alors les instincts primaires reprennent le dessus pour protéger son antre, sa grotte, sa cabane.

Et c’est là, tout au bout, quelques mètres au-dessus, juste à la sortie de la hêtraie, que je l’ai vue. La cabane touchait les nuages.

Olivier Garance use des va et vient dans le passé avec justesse et tente une analyse en toute subjectivité. La cabane et ce retour aux sommets fonctionnent comme une thérapie. A chaque ascension il semble se débarrasser d’un poids, de la lourdeur des rancœurs, des peurs, des doutes, de l’oubli … Il prend à bras le corps la transformation du lieu. Il la dépoussière, la décore, l’honore et la respecte. Il projette sur cette cabane ce qu’il tente de faire pour lui-même.

Ma Cabane n’est pas un roman d’aventure. C’est avant tout un court récit autobiographique qui explore le rapport entre l’homme, les grands espaces, la solitude et la nostalgie du passé. Olivier Garance nous offre un moment de réflexion, au vert, en altitude. Malheureusement son histoire m’a laissée sur ma fin. Je m’attendais à plus et ai été frustrée de saisir la dernière page si vite. J’ai eu le sentiment de survoler son histoire et sa psychologie. Le tout passe comme un souffle d’air dont on ne ressent que les prémices d’une beauté cachée.

3 commentaires sur “« Ma Cabane » : Un antre comme thérapie entre solitude, grands espaces et nostalgie

  1. Coucou ! Merci pour ton partage, le sujet des randonnées, de la nature, me touchent tout particulièrement en ce moment. J’aime passer du temps dans les endroits naturels, découvrir de nouveaux sentiers, de nouvelles places. Ce récit risque de me plaire, malgré ton avis un peu mitigé j’ai l’impression … Merci pour cette découverte ! Passe une belle semaine 🌻

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    1. Merci beaucoup pour ton retour sur l’article ☺️ j’ai passé un bon moment avec ce récit et vivant à la montagne à 1500 m d’altitude j’ai vraiment pu me projeter dans certains de ses chapitres. Un avis mitigé en effet parce que frustrée que le récit se termine aussi vite. J’en aurais voulu plus ! Et j’ai la sensation que nous sommes nombreux à avoir envie de nous évader dans des histoires au grand air, respirer et saisir une bouffée d’air frais à travers l’écriture. Si tu cherches ce type de récits je te conseille les livres de Sylvain Tesson, le roman Mon cœur contre la terre d’Eric de Kermel et Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin !
      Et je vais réfléchir à tes envies d’articles tous les jours du mois de juillet. Alors côté lecture ça va être difficile de suivre la cadence du 1 livre par jour mais pourquoi participer à la rédaction d’une chronique toutes les deux sur ton blog 😉

      Aimé par 1 personne

      1. Merci pour tes recommandations, je file voir tout ça ! Actuellement je lis « Au cœur des Amériques » de Jamel Balhi, le récit d’un homme parti faire le tour de l’Amérique en courant. C’est très enrichissant et inspirant à lire, étant une grande adepte de course à pied ! 🙂
        Je suis tout à fait d’accord, on est beaucoup à rêver d’évasion, d’oxygène, via l’écriture. C’est un bon moyen de s’échapper du quotidien sans aller bien loin.
        Oh super !! J’adorerai collaborer avec toi sur une chronique, ça serait top ! Si tu veux, je te laisse m’envoyer un message soit via ma page contact, soit via le formulaire sur mon article du 1er juillet, comme ça j’aurai ton e-mail ! Belle soirée 🙂

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