Impressions littéraires

« Présumée disparue » : Un dénouement trop court et trop tardif

Et voilà c’est parti ! J’entame en ce mois de février les premières lectures du Prix des lecteurs Livre de Poche section Polar. J’ai reçu les deux ouvrages du mois il y a quelques jours. Dans le colis, « Présumée disparue » de Susie Steiner et « Dans son silence » d’Alex Michaelides. J’ai commencé par celui de l’Anglaise Susie Steiner pour partager cette lecture avec Camille (@lemarquepagedecaroux sur instagram). En parallèle, j’ai pas mal échangé avec d’autres membres du jury qui a priori n’ont pas forcément adhéré et d’autres en compagnie du livre « Dans son silence » qui, au contraire, sont très emballés. Je vais malgré tout essayer de rester objective !

Résumé :

Une nuit, après une énième rencontre Internet ratée, Manon Bradshaw est envoyée sur une scène de crime. Edith Hind, étudiante à Cambridge, belle, brillante et bien née, a disparu. Peu d’indices, des traces de sang… Chaque heure compte pour la retrouver vivante. Les secrets que l’inspectrice Bradshaw s’apprête à découvrir auront des conséquences irréversibles, non seulement pour la famille d’Edith mais pour Manon elle-même.

Un titre qui parle de lui-même

Quand l’aristocratie se retrouve mêlée à une étrange disparition, c’est tout Londres qui s’émeut. Nous découvrons le personnage principal, Edith Hind, à travers le regard de tous ceux qui la côtoient de près ou de loin : ses parents, Ian et Miriam, son petit ami, William, sa meilleure amie, Helena, ses professeurs de Cambridge, son frère Rollo … Puis s’ajoute au fur et à mesure du roman, le point de vue de Manon Bradshaw la détective et Davy son collègue le plus proche.

J’ai vraiment apprécié la construction narrative. Un chapitre pour un personnage : Miriam, Manon, Davy et Helena. Les autres apparaissent à travers le regard de ce quatuor. J’ai juste regretté de ne pas avoir de chapitres pour le petit ami William et le père Ian qui à mon sens ont une réelle place dans le schéma.

Deux heures du matin. Notre deuxième nuit blanche, songe Miriam en réalisant soudain qu’elle a cru, elle s’en est persuadée, qu’Edith serait rentrée à la maison maintenant.

Tous ont une vision plus ou moins différente mais un profil psychologique se détache : Edith était au moment de sa disparition en pleine crise existentielle. Tout porte à croire qu’elle s’est faite enlevée mais Pourquoi ? Par qui ? Est-elle encore en vie ? Où est-elle ? Les jours passent et les indices s’amenuisent malgré le tapage médiatique.

Dès le début, de part le titre, je suis partie dans l’idée que oui Edith a disparu mais qu’elle est vivante. Mais comment raccrocher les wagons ?

La vie des autres

Au fur et à mesure de l’enquête, nous sortons de ce qui nous intéresse, la disparition d’Edith, pour rentrer dans la vie des personnages. Tous sont focalisés sur la victime mais leur existence continue et Susie Steiner écrit leur propre histoire en dehors du commissariat, en dehors de la bienséance.

Elle prête à Manon une relation amoureuse, une sœur avec qui les liens sont fragiles, à Davy, une compagne Chloé difficile à suivre, à Miriam, les déboires d’une mère face à ses enfants et son mari et à Héléna des séances chez une psy.

Même en début de journée, Manon semble toujours émerger de son appartement avec un bouton de chemise défait, rebelle, laissant entrevoir son soutien-gorge, ou bien une tache passée inaperçue dans la pénombre de sa chambre.

Tout ce petit monde va, vit et devient malgré cette épée de Damoclès au-dessus la tête. Vont-ils finir par élucider le mystère. Nous nous attendons à chaque page à trouver un indice, à ce que l’auteur nous livre un os à ronger mais rien ou si peu : un corps retrouvé dans la rivière, un ancien détenu … Dans le méandre des auditions, ces petits riens font pâle figure et ils nous tardent d’avoir le fin mot de l’histoire. Et quand ce dernier arrive, nous sommes un peu déçus avec cette petite voix qui nous dit : « Ah ce n’est que ça ! »

Je me suis pas retrouvée haletante à l’idée de reprendre le cours de ma lecture, je n’ai pas retrouvé l’envie frénétique de rentrer à la maison le soir pour m’y replonger coûte que coûte. Oui l’histoire se tient, les personnages sont riches, très riches mais le rythme et les rebondissements manquent. J’aurais aimé les sueurs froides, le souffle coupé et les yeux écarquillés. Une prochaine fois peut-être !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s