Impressions littéraires

« J’irai revivre sous d’autres étoiles » : Une écriture empathique pour un roman initiatique

Je participe peu aux concours proposés par la communauté Bookstagram. Pas que j’y trouve aucun intérêt mais certainement parce que la chance n’est jamais au rendez-vous et ça ne date pas d’hier. Et puis, allez savoir pourquoi, quand Monsieur Littéraire (@monsieurlitteraire sur les réseaux) en a lancé un sur instagram en partenariat avec France Loisirs j’ai voulu tenter le coup. Vous savez ce qu’on dit … Sur un malentendu ! Je ne connaissais ni l’auteur (Francia Place) et n’avais jamais entendu parler de ce roman (J’irai revivre sous d’autres étoiles), mais la couverture a tout de suite fait son effet et sollicité mes envies de terres inconnues, mon spectre de couleurs estivales, de couchers de soleil orangers … Bref. L’été et bel et bien là, les lectures qui l’évoquent tout autant.

Résumé :

A 40 ans, la vie de Mathilde vole en éclats : elle découvre que son mari est infidèle et le quitte. Mais comment se reconstruire ? Pour trouver des réponses, elle décide de réaliser un rêve : partir pour un long périple dans le désert. Au cœur de cette nature sauvage et grandiose, Mathilde rencontre des être qui, comme elle, ont été cabossés par la vie et sont à la croisée des chemins. Entre fous rires et larmes, chacun se livre et retrouve un certain goût de vivre …

Un roman initiatique et introspectif

Mathilde, mariée avec Antoine depuis 20 ans, découvre qu’il la trompe avec une certaine Cynthia. Toutes ses certitudes s’effondrent et elle se réfugie dans la chambre d’un de ses fils, Vincent, pour y fumer un joint devant le regard ahuri de ce dernier. Elle appelle sa confidente de toujours, Léa, pour évacuer ce qu’elle vient de découvrir  et se rendre compte au fur et à mesure de la discussion que sa charge mentale au cours de ces années de vie était très voire trop importante, qu’elle a placé ses trois enfants et son mari au centre de sa vie et de ses préoccupations s’oubliant totalement.

Le soleil se lève au loin, parfaite boule safranée, dardant invariablement ses rayons sur le monde qui s’éveille

Le début du roman ressemble aux premières scènes d’un film ou d’une série qui annoncerait la sempiternelle ritournelle à l’américaine, la femme délaissée qui décide de lâcher les chevaux avec sa bonne bande de copines quitte à dérailler plus que de raisons. Au final, on rigole bien. On se sent plus légère après 1h30 de gags et de rebondissements surréalistes. Mais le roman de Francia Place part dans une toute autre direction et s’oriente davantage vers une démarche plus introspective, philosophique, psychologique et spirituelle.

L’écriture empathique de Francia Place

Le point de départ de ce voyage initiatique ? Une photographie de désert sur l’ordinateur de son fils. C’est le déclic. Elle a toujours rêvé de se rendre dans le désert, l’occasion est trop belle ! 3 jours plus tard, le 1er mai la voilà partie direction Marrakech. Pour la première fois, elle se retrouve seule, livrée à elle-même, personne ne compte sur elle. L’auteure déstructure et casse ce cadre maternel et matriarcal partant du postulat que le rôle d’une femme mariée est de s’occuper des siens, de son intérieur et qu’elle doit être heureuse de le faire. Mathilde se retrouve donc diminuée et il est aisé de ressentir son désarroi et sa solitude grâce à l’écriture empathique de Francia Place qui enveloppe tout le roman.

Si tu éprouves de la difficulté à évaluer la distance qu’il te reste à faire, Mathilde, concentre-toi sur celle que tu as déjà effectuée

Mathilde va devoir apprendre à lâcher prise, à se détacher d’un quotidien, d’une routine qui lui scient la peau. Mais elle ne sera pas seule pour y parvenir. Francia Place nous offre un quatuor de personnages tous venus pour une raison bien particulière. Aline, une cinquantaine d’années, Frédérique la plus jeune trop couvée par ses parents elle craint d’affronter le monde qui l’entoure et un rien lui fait peur, Henry, un tantinet bougon qui tente de renouer le dialogue avec une ancienne passion, mère de son enfant qu’il ne connait pas et enfin Patrick, le fin psychologue qui peine à trouver la voie de la paternité.

Au sein du groupe, Mathilde se place immédiatement dans la position qui semble lui aller comme un gant. Celle de la maman. Tous se retrouvent plusieurs jours dans un petit village typique marocain en plein milieu du désert et vont faire la rencontre d’une guérisseur, Amuqran. La guérison est proche mais le chemin est long. Les fines citations et les mantras s’accumulent dans la bouche de leurs guides : « Aussi longue que soit une nuit d’hiver le soleil la suite » et l’auteure nous transporte dans une quête désertique, chaude et vivifiante. Francia Place écrit sur la renaissance avec une fraîche légèreté et sait trouver les mots justes.

Si vous cherchez un roman feel good à lire sur la plage, au bord de la piscine avec un jus bien frais, J’irai revivre sous d’autres étoiles est exactement ce qu’il vous faut.

 

 

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