Impressions littéraires

« Suivre les vagues » : La fraîcheur du changement plombée par les obstacles

Lire d’autres romans que les parutions des grandes maisons peut parfois faire du bien. Je l’avoue, je me frotte rarement aux éditions que je connais peu voire pas du tout. J’ai essuyé de nombreuses déceptions et ma curiosité à quelques peu tarie. Mais quand Anaïs W. m’a contactée directement pour me faire découvrir sa dernière publication « Suivre les vagues » aux Editions Véridice, j’ai justement suivi mon intuition et me suis laissée porter par les rouleaux d’écumes. Me voici donc avec le « Tome 1 : A contre-courant » d’un diptyque à venir. 

Résumé :

S’affranchir de sa souffrance, de ses peurs, changer de vie … Mais surtout, devenir enfin elle-même, Eléa en rêve. Sur la côte landaise, elle s’isole quelques jours pour trouver la force de décider de son destin, loin des diktats sociaux, de l’avis et du jugement des autres. Pourtant, sa rencontre avec Farès va mettre à l’épreuve sa détermination et la pousse à nouveau vers la facilité de vivre sous la dépendance de quelqu’un. Par amour, Eléa nage ainsi à contre-courant de ce qu’elle aspire à être vraiment, au risque de définitivement se perdre. Avant qu’il ne soit trop tard, Eléa parviendra-t-elle à s’affirmer et à reprendrez sa vie en main ?

Cette attitude cachait un profond malaise, une volonté d’être prise en considération, d’être intéressante. Je faisais du mimétisme à tout va pour être certaine de ne pas être rejetée : personne face à moi était vulgaire, je le devenais.

Du développement personnel à travers un personnage fictif

Au centre du roman, Eléa, une jeune femme qui, malgré un job entouré d’une équipe joviale, Aude une colocataire aimante, prévenante et un ex, Louis, toujours présent pour elle, ne semble pas trouver sa place dans ce monde, dans cette société, dans son quotidien qu’elle subit plus que de raison. Fort heureusement, elle est prête à se reprendre en main et s’apprête à partir pour Seignosse, seule, pour faire le point, et se retrouver face à elle-même. Mais c’était sans compter LE rebondissement la veille de son départ. Elle se fait voler son sac dans le métro mais un preux chevalier sorti de nul part, poursuit l’assaillant pour le récupérer. Encore sonnée, Eléa se fait raccompagner par son sauveur, Farès, qui décide de passer la nuit chez elle pour être certain qu’elle ne souffre pas d’un traumatisme crânien.

Farès arrive alors comme un grain de sable dans le mécanisme de progression d’Eléa. Elle est perturbée par cet intrus qui entre et disparait de sa vie à chaque chapitre. Anaïs W. en fait un personnage mystérieux, confus, rongé lui aussi par un quotidien délictueux. Avec toute sa gentillesse, Eléa se laisse emporter dans ce tourbillon des sentiments incapable de se rendre compte qu’elle s’éloigne de plus en plus de son but : se relever, se prendre en main et marcher dans la bonne direction. Au delà de la simple histoire d’amour, Farès apparait comme la métaphore de l’obstacle, celui qui apparait sur notre chemin sans prévenir et que nous ne reconnaissons pas forcément. Farès est un test pour Eléa, les 12 travaux d’Hercule version développement personnel empêchée par les sentiments.

Un roman psychologique

Le processus de ce premier tome est très psychologique et tend vers le développement personnel à travers un personnage, Eléa, auprès duquel le lecteur a beaucoup de choses à apprendre. Suivre les vagues ne prétend pas offrir une leçon de développement mais plutôt des clés de réflexion à travers une histoire fictive qui n’a rien de surréaliste. L’écriture est fluide, simple et surgit comme des vaguelettes nourries d’une sensibilité et de traumatismes exacerbés. Le lecteur ressent le bouillonnement intérieur d’Eléa qui ne cesse d’aller et venir dans un tumulte du corps et de l’esprit. L’histoire d’amour entre Farès et Eléa est un rebondissement, un prétexte au mieux-être, aux prises de décision, aux positionnements face à soi et aux autres.

On ressent dans ce roman un brin d’histoire et de conscience personnelles liées à l’auteure, Anaïs W. . Je ne sais à quel point elle y a mis d’elle-même, mais on ne peut que se poser la question tant le processus d’écriture est révélateur de l’intime.

 

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