Impressions littéraires

« La disparition d’Annie Thorne » : N’y cherchez pas un thriller, ni un policier

A quoi je m’attendais avec La disparition d’Annie Thorne (Editions Pygmalion) ? Un thriller, un policier ? Selon le Daily Mail, l’auteure, C.J. Tudor est « la Stephen King britannique ». J’avais donc une petite idée même si l’avis est totalement subjectif. Je viens tout juste de le refermer et suis restée un peu sur ma fin. Il ne s’agit ni d’un thriller, ni d’un policier, je le qualifierais plus de roman noir, un roman où la vengeance est au cœur du récit.

Résumé :

Une nuit, Annie a disparu de son lit. Il y a eu des recherches. Tout le monde imaginait le pire. Finalement, au bout de quarante-huit heures, ma petite sœur est revenue. Mais elle ne pouvait pas – ou ne souhaitait pas – dire ce qui s’était passé. Quelque chose lui est arrivé. Je ne peux pas expliquer quoi. Je sais juste que, quand elle est rentrée à la maison, elle n’était plus la même. Elle n’était plus ma Annie. Je ne voulais pas avouer aux autres et encore moins à moi-même que, parfois, j’avais peur d’elle. Et puis, il y a deux mois, j’ai reçu un e-mail : Je sais ce qui est arrivé à votre sœur. Ça recommence …

Une histoire entre passé et présent

Joseph Thorne, professeur, revient dans sa ville natale Arnhill, des dettes de jeu jusqu’au cou avec la ferme intention de venger la mort de sa petite sœur de 8 ans, Annie, survenue dans d’étranges circonstances alors qu’il était adolescent. Il décide de s’installer dans un cottage au passé meurtrier, une ancienne professeure du lycée de la ville y aurait tué son fils Ben avant de se suicider. L’endroit est froid, glacial et il y règne une atmosphère d’outre-tombe, un silence souvent interrompu par des cliquetis incessants.

Joseph, Joe ou Joey s’adresse aux lecteurs à la première personne à la fois dans les chapitres consacrés à sa vie actuelle qu’au moment des flashbacks d’adolescents. Ces derniers rythment le récit et nous abreuvent d’indices, d’éléments distillés petit à petit pour nous accompagner vers la vérité.

Personne n’est le bienvenu à Arnhill. C’est un endroit glacial, sombre, aigre, renfermé sur lui-même, qui voit les visiteurs d’un mauvais oeil. A la fois stoïque, inébranlable et fatigué. C’est le genre de village qui vous accueille d’un regard de biais et salue votre départ d’un crachat dégoûté.

J’ai apprécié le rôle de ce personnage principal. Ce n’est pas un policier. D’ailleurs la police n’apparait qu’à deux, trois reprises dans le livre et n’apporte que peu d’informations. Ce n’est pas non plus un meurtrier, un assassin, un serial killer, juste un homme paumé avec une jambe en vrac dont le gosier surfe entre l’alcool fort, le café et les clopes. D’autres acolytes vont rapidement faire surface et on comprend vite qu’un événement grave, inexpliqué et mystérieux s’est déroulé quand Hurst, Fletch, Marie, Chris et Joey étaient adolescents. Un événement en lien avec les anciennes mines de Arnhill.

La véritable question n’est pas résolue

Bien entendu, tous ont grandi et se livrent aujourd’hui une bataille sans merci pour faire taire l’autre. Nous raccrochons les wagons au fur et à mesure que le roman sent la suie, le sang, le métal, les os humides, les insectes rampants et la terre meuble. Joey veut que le coupable du décès d’Annie soit puni mais pas au regard de la loi. Il veut faire vengeance lui-même par le biais d’un chantage financier et d’une dissimulation de preuves afin de régler ses dettes. Je n’ai pas été emballée par cette orientation du récit. Il fallait une raison à Joey pour revenir à Arnhill, cette raison est pécuniaire et au final la disparition de sa sœur n’est qu’un prétexte. J’ai trouvé un certain déséquilibre dans ce basculement éditorial. Il a la rage de récupérer cette argent, menacé par une espèce de chasseuse de prime, Gloria, mais pas celle de faire éclater la vérité.

La disparition d’Annie Thorne se lit tout seul mais malgré tout, je n’ai pu m’empêcher de relever parfois la tête et de me dire que le fil n’avait aucun sens et qu’il manquait quelques pièces au puzzle, notamment la plus importante, qu’est-il réellement arrivé à Annie Thorne et aux autres enfants disparus, réapparus métamorphosés pour finalement mourir dans d’étranges conditions ? Le roman ne répond pas vraiment à cette question, celle qui nous poursuit, lecteur, jusqu’à la dernière page. L’auteure donne un semblant de réponse à l’issue du roman mais qui ne m’a pas vraiment convaincue.

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