Impressions littéraires

« Pourquoi ? » : une mixture décousue et confuse

Quand j’ai reçu le communiqué de presse de ce nouveau roman de Maureen Grégoire, Pourquoi ? aux éditions du Panthéon j’ai été très intriguée par cette mention : « Maureen Grégoire trouve l’inspiration dans ses cauchemars ». Je rêve énormément et les note dès le réveil dans un carnet. Quand je les relis, il m’arrive souvent de me dire : « Je pourrais vraiment faire de mes histoires nocturnes le point de départ d’un roman, d’une nouvelle … ». J’étais donc vraiment curieuse de découvrir comment un auteur pouvait retranscrire ses cauchemars – aussi étranges soient-ils parce qu’ il faut bien l’avouer nos rêves n’ont parfois aucun sens.

Résumé

« Recroquevillée sur moi-même, un long frisson de douleur me traversa. Mes mains me faisaient horreur, comme si j’avais été ligotée durant des heures. Je n’arrivais pas à ouvrir les yeux, j’avais tellement mal. »

Suzan et ses camarades de classe s’éveillent au beau milieu d’une forêt inconnue et effrayante. Comment sont-ils arrivés là ? Des membres du groupe commencent à disparaître, ils sont traqués… En cherchant à retrouver leur chemin, ils font des découvertes macabres, les frontières du réel se brouillent. Mais dans ce mauvais rêve, une question reste en suspens, dominant toutes les autres : pourquoi ?

C’est toi que j’aime, personne d’autre. Je suis désolée si je n’ai pas été assez présente ces deux derniers jours, je n’avais pas la tête à ça

Abandon dans la lecture

22 chapitres sur 29. Voilà le résultat. Avec, tout de même, un petit coup de d’œil sur les dernières pages pour en connaître l’issue. Et encore là je n’ai pas été déçue – soupçon d’ironie. Étonnement ces derniers temps, je tombe sur d’excellentes publications, la dernière en date avec L’odeur de la colle en pot d’Adèle Bréau et il est rare que je doive me « plier » à l’exercice de la critique négative mais constructive. D’ailleurs doit-on vraiment s’y plier ou ne devrait-on pas mettre le livre en question de côté et passer à autre chose ? Aujourd’hui, je m’y soumets.

Dressons le tableau succinctement. Suzan se réveille au cœur d’une forêt avec, à ses côtés, et également groggy, des camarades et amis : Ryan, Raphaël, Eden, Tess et Shai. 6 personnages donc. « En me retournant, je vis environ une dizaine de corps qui jonchaient le sol, inertes. Et à ma plus grande surprise je les reconnus … tous ». Qui sont les 4 autres ? Pourquoi n’en est-il pas fait mention ni maintenant ni jamais ? J’en suis à la page 2 et déjà j’y vois comme un hic.

Ils sont donc perdus et commencent à explorer les lieux. Heureusement pour eux, ils tombent sur une cascade, se rafraichissent et décident de s’y baigner jusqu’à l’arrivée « d’un énorme poisson brunâtre ». « Il ouvrit sa gueule, prêt à les accueillir entre ses dents ». Ils en réchappent tous. Mais le lendemain matin, petit réveil matinal au fond d’une grotte, et tous se mettent à l’eau. « Le lac était d’une profondeur indescriptible. Je pris une bouffée d’air frais et plongeai ». N’y avait-il pas la veille une énorme monstre à écailles prêt à les emporter au fond de l’eau. Encore un hic.

Une mixture décousue et confuse

Je ne vais pas tous vous les énumérer mais il semble bien en effet que Maureen Grégoire se soit inspirée de ses cauchemars mais sans vraiment essayer d’en faire une structure cohérente et un tantinet réaliste. Ou alors il aurait fallu plonger à 200 % dans le bizarre, dans une étrangeté comique volontaire. J’ai la sensation qu’elle a pris les pièces du puzzle de ses nuits, qu’elle en a fait une espèce de mixture décousue et confuse pour nous la servir telle quelle. Sans oublier les divagations adolescentes, presque caricaturales, que l’on retrouve un petit peu partout mais surtout au moment où on s’y attend le moins : « Jure-moi. Jure-moi que tu ne l’as jamais aimée, jure-moi que c’est moi que tu aimes … » implora-t-elle. A ce moment là du roman, ils sont toujours dans la forêt, nous avons eu un cumul de situations à la limite du thriller qui balbutie, mais, a priori, ce tout plutôt flippant ne semble pas contrecarrer leurs réflexions amoureuses.

Je ne vous en dis pas plus mais vous laisse tout de même avec une information à prendre en compte. Maureen Grégoire a écrit ce roman l’année de ses 14 ans. Les premiers pas d’une auteure qui cherche sa plume ?

 

 

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