Jane Robins nous berce d’ « Illusions » avec ce thriller psychologique

Pendant la lecture du livre « My Absolute Darling » de Gabriel Tallent, j’avais besoin de faire une pause et de me plonger dans quelque chose de plus « léger » et ai jeté mon dévolu sur « Les Illusions » de Jane Robins édité chez Sonatine. Je ne connaissais pas l’auteure et n’avais jamais entendu parler de ce thriller psychologique mais la couverture m’a tout de suite intriguée.

Qui est la plus folle des deux ?

Deux sœurs. Tilda et Callie Farrow. La première est une actrice à fort caractère. La seconde une libraire relativement insignifiante qui ne vit qu’à travers son aînée, au point de manger cheveux, dents, maquillage, écrits … de cette dernière. Tilda de son côté épouse Félix, un banquier maniaque du contrôle qui semble colérique et violent. Une attitude qui ne plait pas à Callie et finit par l’obséder, mettant à mal la relation fusionnelle qu’elle entretient avec sa sœur. Elle va passer son temps à espionner, poser des questions, faire des suppositions, chercher la petite bête en surfant sur un site internet étrange dédié aux victimes de violences conjugales … au point que nous nous demandons qui est la plus folle des deux. Puis un jour, Félix meurt d’une mystérieuse crise cardiaque. Le lecteur voit clair dans le jeu de Jane Robins et se doute que ce décès n’est pas accidentel mais comment en est-on arrivé là ?

Apparemment, elle avait trouvé son clan, ainsi que la paix, d’une manière ou d’une autre. Mais à cause de sa dépression d’adolescence, nous ne pourrons jamais tenir cela pour acquis, nous devrons toujours rester à l’affût des signes.

Dans les rouages psychologiques d’une sororité malsaine

L’auteur nous emmène dans les rouages psychologiques d’une sororité malsaine, un tantinet incestueuse, entre un attachement indéfectible et un narcissisme pervers. Jane Robins triture et enrobe cette dualité féminine entre deux sœurs, qu’on suppose jumelles, mais sans jamais en être totalement certain. Les rôles sont souvent inversés et Tilda, que nous pensons imbue de sa personne, égocentrique et torturée, passe en réalité pour la femme avec les pieds sur terre se complaisant dans une vie maritale étrange mais satisfaisant ses désirs les plus destructeurs. Callie, protectrice, est littéralement dévorée par cette situation cherchant par tous les moyens à s’immiscer dans la vie de sa sœur pour la protéger.

Plus les pages passent et plus nous sommes pris d’un doute. Comment cela va-t-il se terminer ? Tilda et Callie ne seraient-elles pas une seule et même personne ? Callie ne sortiraient-elles pas toutes ces situations de son esprit accaparé par Tilda ? Nous émettons toutes les suppositions sans jamais vraiment percevoir le faux du vrai. Jane Robins jongle, avec habilité, avec nos jugements, nos suppositions et nos certitudes en ajoutant par ci par là des flashbacks qui accentuent ce phénomène, nous berçant d’illusions.

La recette est parfaite et passe comme une lettre à La Poste. Rien de transcendant mais tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment.

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