Impressions littéraires

Laurent Gounelle : On tourne en rond avec « Je te promets la liberté »

Ce n’est pas la première fois que je me penche sur un roman de Laurent Gounelle. J’ai découvert cet auteur avec « L’homme qui voulait être heureux » et avais été plutôt ravie de ma lecture. Pour sa dernière publication « Je te promets la liberté », c’est une toute autre histoire, j’ai été déçue. J’ai d’ailleurs longtemps hésité avant de partager cette chronique. J’assume difficilement le fait de ne pas aimer un livre et pourtant tous ne peuvent pas trouver grâce à nos yeux. Et je voulais aussi à travers cet avis que vous puissiez partager le vôtre. Après tout, peut-être suis-je passée à côté de quelque chose que je n’ai réussi à saisir ?

Pourtant, ce roman et moi, nous partions avec de jolies attentes. J’avais, quelques jours avant le début de ma lecture, écouté son interview sur le podcast « Les gens qui lisent sont plus heureux » et il avait vraiment réussi à attiser ma curiosité. Et c’était sans compter sur la quatrième de couverture qui entretient le mystère :

L’histoire

Imaginez : votre employeur vous laisse 10 jours pour sauver votre poste, et le soir même, votre conjoint vous laisse entendre que votre couple n’en a plus pour longtemps … Dans les deux cas, on vous reproche votre personnalité, mais qu’y pouvez-vous ? Lorsqu’un ami vous parle d’un homme mystérieux, membre d’une confrérie secrète détentrice d’un savoir ancestral, qui a le pouvoir d’installer en vous une toute nouvelle personnalité …

J’y ai vu comme le début d’une histoire fantastique, d’une surprise à venir. Le personnage de Sybille Shirdoon arrive dès le début de l’histoire. Nous comprenons rapidement qu’elle est âgée et une cantatrice reconnue et célèbre revenant sur les rives lyonnaises pour renouer avec ses souvenirs à travers un bateau restaurant enfoui sous l’eau qu’une grue s’apprête à sortir de l’eau. L’occasion pour elle de revenir sur son histoire à bord de ce tas de rouille et de la retracer pour le journaliste Sam Brennan.

La voici donc des décennies plus tôt, directrice de ce bateau, à la limite du renvoi. Côté couple, les choses vont mal. Lors d’un vernissage, elle revoit une connaissance. Un homme qui à l’université pourtant très timide et introverti est aujourd’hui d’une grande éloquence avec un aura rayonnant. Comment a-t-il fait pour changer à ce point de personnalité ? Son secret : la Confrérie des Kellia et Oscar Firmin.

Mon avis

Sybille décide alors de s’y rendre pour tenter l’expérience. Le lendemain, son attitude a changé et elle passe la journée avec cette nouvelle personnalité qui ne lui plait pas vraiment. A nouveau, elle retourne chez ce Oscar Firmin pour un nouveau changement.

Et c’est là que Laurent Gounelle m’a totalement perdue. Sur 346 pages, nous tournons en rond, le schéma est le même à chaque chapitre : Elle va chez Oscar Firmin avec son enregistreur pour conserver la séance sur un dictaphone. Avant de retourner au bateau, elle passe par son appartement le déposer. Nathan, son conjoint, écoute secrètement l’enregistrement. Au bateau, elle a, à chaque fois, une nouvelle attitude, semble y trouver son compte, mais à la fin de la journée ce n’est toujours pas la personnalité parfaite. L’auteur nous passe donc en revue les 9 personnalités possibles dans ce bas monde tout au long du roman, pour finir, dans l’un des dernières chapitres, par les récapituler toutes. Lassant ! La leçon : il faut de tout pour faire un monde, la personnalité parfaite n’existe pas.

J’ai eu la sensation que Laurent Gounelle avait cherché à faire un roman philosophique à travers lequel il revêt les habits d’un coach en comportement sous couvert de l’histoire d’une chanteuse qui finit par trouver sa voie/voix. Pour moi, le puzzle n’est pas entier. Que s’est-il passé entre l’instant où elle tire la leçon de cette expérience avec la confrérie et cet instant où nous la retrouvons des décennies plus tard épanouie dans cette passion du chant ? Il manque des éléments et j’ai eu beaucoup de mal à tisser un lien entre la Sybille du bateau restaurant perdu dans son poste de directrice, et la Sybille d’aujourd’hui.

Je m’attendais à plus, à autre chose. L’auteur m’a perdue dans un cycle perpétuel manquant d’originalité.

9 commentaires sur “Laurent Gounelle : On tourne en rond avec « Je te promets la liberté »

  1. oui c vrai…….un ennui……bon on va dire que tout le monde a le droit de rater un livre……..le prochain sera inspiré à nouveau …au lieu de lester…….

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    1. Je l’espère aussi ! Ça ne l’empêchera de lire le prochain comme vous dites tout écrivain peut livrer un manuscrit moins abouti que les autres

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      1. Ce n’est pas parce que vous n’avez pas aimé que ce livre n’est pas abouti. Il s’agit avant tout d’un livre de «développement personnel» et pour évoluer, la clef, c’est la répétition.
        Et ce qui fait que vous n’avez pas aimé, c’est peut-être aussi que vous aviez des attentes. Souvent, lorsqu’on a des attentes, on est déçu par ce qui se produit vraiment, par la vie 🙂

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      2. C’est justement cette répétition qui m’a perdue. Je ne m’y attendais pas et n’y ai pas trouvé grand intérêt. Il est difficile de manier le roman et la philosophie, de croiser les genres. Gounelle y arrive très bien dans ses précédents « romans ». Ici je ne m’y suis pas trouvée.

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  2. Pendant la lecture j’avais aussi l’impression de tourner en rond. Pourtant j’arrive à la fin du roman et je suis en train de constituer un tableau qui, je le pense, me permettra d’évoluer positivement. Je finis en me disant que finalement ce roman m’a aussi apporté quelque chose, quelque chose de positif.

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    1. Je me suis aussi beaucoup référée à ses autres livres. Avec celui-ci il y a pour moi une cassure dans le style et la façon d’inclure la philosophie dans le récit

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  3. Bonsoir je ne le connaissais pas alors je me suis fiée au titre et effectivement c est long mais il y a bcp de réflexions personnelles a y voir ,de la philosophie ainsi que des clins d œil a la religion si on cherche bien …a la fin je trouve oui que ce livre fait du bien et porte bien son titre.. c

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    1. Je vais essayer de le relire dans quelques temps et peut-être qu’il me parlera alors plus. Pour avoir lu quelques Gounelle ce n’est pas ce que j’attendais. Il y a peut-être trop de philosophie avec cette difficulté de passer des idées à travers le récit.

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