Fabrice Toulmé témoigne de son expérience en BD

Lire ce roman graphique, c’était un peu comme écouter un des épisodes du podcast de Fabrice Florent, Histoire de Darons. Fabien Toulmé ne pourrait-il d’ailleurs pas être un futur invité ?

Autobiographique avant tout, « Ce n’est pas toi que j’attendais » (Editions Delcourt) déculpabilise le parent qui, face au handicap, quelqu’il soit, de son enfant, passe par des phases jugées parfois « honteuses » : Ne pas réussir à l’aimer, ne pas parvenir à le prendre dans ses bras, chercher une cause à tout prix, vouloir l’échanger contre un autre plus « normal », faire face aux préjugés, aux regards des autres … Des phases que Fabien Toulmé a bien connu. Papa d’une petite Julia, atteinte de la trisomie 21, il relate ici son cheminement vers l’acceptation de cette enfant. De l’annonce de la grossesse, jusqu’aux premières échographies, sans problème apparent, en passant par l’accouchement et le doute, l’auteur se met à nu et nous livre les étapes d’acceptation d’un père en proie à la peur.

Ce n’est pas toi que j’attendais, mais je suis quand même content que tu sois venue

Tout commence au Brésil, à Joao Pessoa, où il vit avec Patricia sa femme et Louise sa fille avant de rentrer en Seine Saint Denis. Nous suivons les étapes de la grossesse de Patricia, les premiers mois de vie de Julia mais pas seulement. Nous suivons également les « errances » de Fabien dans sa vie professionnelle, son désir de placer sa famille au premier plan et de trouver l’écrin qui les comblera tous les quatre peu importe l’endroit.

 

Il ne nous épargne rien et prend clairement le temps en 256 pages de saisir chaque douleur, chaque obstacle, chaque barrière franchie,  ces longues heures passées à l’hôpital qu’il nomme « Handicapland », la seconde maison de la famille pendant un temps … Il nous fait entrer dans le récit de façon très descriptive et documentée jusqu’à ce qu’il soit possible de percevoir cet ouragan sous toutes ses aspérités.

Habituellement je lis une BD en une soirée mais j’ai eu besoin de plus de temps pour terminer celle-ci. Je me suis rapidement appropriée ce témoignage mais le poids émotionnel et psychologique du sujet a nécessité que je m’y plonge à petites doses sur plusieurs jours.

Fort heureusement, Fabien Toulmé ne fait pas dans le pathos et le mélodrame. On y trouve de la surprise, du désarroi, de l’impuissance, de la honte, de la volonté, du courage et même de l’humour, un refuge pour dédramatiser la situation.

En ne cherchant pas à embellir la situation, ni à amenuiser l’épreuve, Fabien Toulmé offre à la parentalité une claque de tolérance.

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