« Madame Pylinska et le secret de Chopin » : un récit autobiographique anecdotique

Nathalie de la bibliothèque m’avait pourtant prévenue : « Tu verras son nouveau roman ne m’a pas convaincue ». J’ai malgré tout eu envie de m’y atteler et de voir si « Madame Pylinska et le secret de Chopin » ne valait tout de même pas un petit détour. Il y est question de piano, d’un compositeur Polonais qu’on ne présente plus, et d’une professeure entourée de chats, aux méthodes peu académiques. Cette femme m’a d’ailleurs fait penser à celle qui accompagnait mes leçons de piano. J’avais rendez-vous chez elle tous les mercredis et ai, au fur et à mesure, de nos rendez-vous développé une allergie … aux chats. Les siens, persans, dodelinaient par dizaines dans son élégant salon et il n’était pas rare qu’elle en prenne un sur ses genoux, ce dernier appréciant les portées interprétées à ma convenance.

Cette projection, somme toute personnelle, envolée que reste-t-il du dernier roman d’Eric-Emmanuel Schmitt ? Difficile à dire. Pour t’aiguiller un peu plus cher lecteur, il s’agit d’un récit autobiographique qui place l’instrument à cordes et à marteaux au centre de toutes les intentions. L’auteur voit en ce Schiedmayer – la marque- une intrigue qui, passant des mains de sa sœur à celle de sa tante Aimée, devient l’objet de toutes les convoitises. « Au milieu du salon ensoleillé, un nouveau monde avait surgi, un ailleurs lumineux flottant en nappes, paisible, secret, ondoyant, qui nous figeait et nous rendait attentifs ». Apprendre le piano devient alors l’obsession de l’auteur.

La musique, c’est d’abord une expérience physique. Puisque les avares n’écoutent qu’avec leurs oreilles, montrez-vous prodigue : écoutez avec votre corps entier.

A 20 ans, il se rend alors chez Madame Pylinska pour tenter de dompter Chopin, retrouver la grâce éprouvée et ainsi « jouer mieux ». Position du dos, assise, dextérité, technique, juste lecture des crescendo, piano, pianissimo … Il pensait passer en revue les agents de maitrise mais au lieu de cela il se retrouve à ramasser les perles de rosée, à faire des ronds dans l’eau, à écouter le silence, à faire l’amour …. Ces instants de méditation doivent a priori l’aider à apprivoiser celui qui le tient tant à l’écart de la musique absolue.

Conte initiatique, épisode de vie relatée à la volée, récit philosophique où Eric-Emmanuel Schmitt, en fin amateur des grands classiques, cherche à nous faire comprendre qu’au delà d’une partition truffée de silences, de contre-temps, de triolets, croches et rondes, l’émotion serait la clé d’une bonne interprétation, d’une émotion au service de son auteur. Rien de nouveau au soleil.

Je suis certes entrée dans le livre assez facilement, l’écriture est fluide et rapide, trop anecdotique parfois, mais ne me suis pas sentie bouleversée, ni plus happée que cela. Un morceau de vie qui défile comme on écouterait un ami raconté une historiette autour d’une bonne bouteille de vin.

 

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