Patrick Jacquemin / L’impalpable magie du pouvoir de la nature sur l’homme

Il y a peu de livres qui réussissent à m’émouvoir au point de verser ma larmichette. Et pourtant. L’odeur de l’herbe après la pluie a réussi ce pari. Je me suis totalement laissée surprendre par ce roman philosophique et poétique, premier écrit de Patrick Jacquemin, ex-fondateur et dirigeant du site Rueducommerce.com.

De prime abord, à la lecture du résumé, j’y ai vu comme un nouveau retour à la terre d’une femme, Annabelle, surmenée, divorcée, enclin au succès qui se réveille un jour, plaque tout, décide de changer de vie pour s’installer à la campagne. Une équation – cliché – lue et relue n’offrant aucune surprise. Quelle erreur !

Il se délectait chaque jour de l’air qu’il respirait. Il le sentait donner corps à sa propre vie, circuler dans son sang, passer à travers son cœur, inonder son cerveau jusqu’à enivrement

Certes Annabelle est cette femme, ambitieuse, brillante et entrepreneuse, vivant à 200 à l’heure, se laissant happer par cette vie foudroyante et chronophage, mais il y a quarante ans elle était une enfant de la campagne et de la nature. Il y a quarante ans, elle parlait aux fleurs et aux arbres. Prise dans l’engrenage du monde moderne et productif, elle a oublié. Jusqu’à sa rencontre inopinée avec Georges, un paysan qui lui rappelle que la vérité, la seule et l’unique n’existe pas. Que son don, il le partage aussi. Que son don offre toutes les réponses à ses questions. Son dialogue avec la nature ne fait alors que (re)commencer et lui ouvre les portes d’une autre vie, d’un monde parallèle. Le coquelicot se fait alors poète et jette à la figure d’Annabelle les arômes de l’évidence.

Georges apparait comme un philosophe, un penseur, un sage. Il sait la lenteur. Il connait la satisfaction, le contentement du peu. Avec un calme olympien, il offre à Annabelle le mot juste, le trait fin, le trait d’esprit qui la laisse muette et en proie à la réflexion la plus profonde. Entre son appartement parisien et le paradis verdoyant de Georges lové dans un univers de liberté et de littérature, Annabelle avance pas après pas et nous avançons avec elle dans sa quête. Comme elle, nous aimerions entrer chez le vieil homme, nous asseoir à sa table, qu’il nous serve un grand bol de café, qu’il nous coupe une tranche de pain et qu’il nous indique le chemin à suivre, la source de toute vie, l’origine du sens.

L’odeur de l’herbe après la pluie se lit comme un songe. Le roman de Patrick Jacquemin apparait comme un conte printanier, une flamboyante rêverie. Elle passe en un éclair mais laisse une empreinte indéfinissable.

 

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Un commentaire sur “Patrick Jacquemin / L’impalpable magie du pouvoir de la nature sur l’homme

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  1. Une véritable découverte grâce à Laura ! Merci beaucoup pour cet article qui m’a immédiatement donné envie de le lire.c’est chose faite et je ne le regrette pas

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