ITW / Rencontre avec Maxence Fermine, auteur du livre « Neige »

Après une vingtaine de publications, dont un premier roman Neige écrit à l’âge de 29 ans, vendu à 300 000 exemplaires et traduit dans 17 langues, Maxence Fermine est de ces auteurs affirmés et reconnus qui ne passent pas inaperçus. Rencontre avec l’adolescent qu’il est resté, féru d’imaginaire, à l’affût de la moindre histoire, du témoignage, de l’anecdote qu’il pourrait saisir et transformer en un ouvrage de son cru.

L’écriture était-elle une évidence pour vous ?

J’ai toujours écrit ! À 6 ans, mes parents ont divorcé. Je me suis réfugié dans les livres et ai eu envie de devenir écrivain dès les premières lectures. Je voulais faire passer des émotions avec du rêve, de la poésie, du conte. À 17 ans, je suis arrivé à Paris, j’ai suivi des cours de lettres mais j’allais plus souvent dans les cafés et les bibliothèques pour lire. Je voulais écrire un roman mais ce n’est pas si simple, il faut un peu de technique. Alors j’ai commencé par la poésie. Pour ceux qui ont la musique des mots, c’est une bonne entrée en matière. A 23 ans, je me suis finalement lancé dans ce fameux premier roman. Ce n’était pas bon du tout et inégal mais j’ai quand même écrit 200 pages. J’étais fier d’avoir accompli quelque chose.

Je suis plus conteur et poète que romancier

Neige est votre premier ouvrage publié.

J’avais écrit plusieurs choses avant mais qui tenaient plus ou moins debout. Je revenais d’une course en montagne où j’avais rencontré un guide. Il m’avait raconté l’histoire des corps que rendent les glaciers. Ils en avaient retrouvé un plutôt bien conservé. Ça a fait tilt et j’ai commencé à écrire les premières pages de l’histoire de cette femme enfermée dans la glace. Une fois terminé, je l’ai fait lire à ma femme. Elle l’a trouvé pas mal mais sans plus. Je l’ai envoyé par la poste et une semaine après une éditrice m’appelait pour signer un contrat. Je pensais en vendre 200, pas plus. Le livre était atypique, pas commercial du tout. Puis, j’ai eu un petit coup de pouce de Bernard Pivot. Il a juste dit à la radio : « Je suis fou de ce roman »« . Le lendemain, il n’y avait plus un seul exemplaire en librairie. En 20 ans, j’en ai vendus 300 000 dans 17 langues. Neige a changé ma vie. J’étais très heureux de devenir un véritable écrivain à 29 ans.

Écrire c’est un métier d’artisan, il faut des années d’apprentissage

Vous inspirez-vous toujours du réel, d’histoires vécues … ?

J’ai un petit carnet dans lequel j’écris tout, ce que je peux entendre, lire, un entrefilet dans un quotidien par exemple. Dès qu’il est fini je le mets dans ma malle à manuscrits. Pour Rhum Caraïbe par exemple, c’est fortement exagéré et romancé, mais il s’agit de la belle famille de mon meilleur ami, guadeloupéen et marié à une créole. Ils tiennent une rhumerie. Ils sont farfelus, on boit du rhum toute la journée, c’est génial ! Je voulais absolument faire un roman avec cette famille. J’ai aussi écrit un ouvrage pour adolescents. J’y relate l’histoire de ma plus fidèle lectrice avec qui j’ai échangé pendant des années. Elle était dépressive et suicidaire. J’ai raconté son histoire.

Les écrivains sont des voleurs d’histoires

Quel est votre rituel d’écriture ?

Je vis la plupart du temps à Gilly-sur-Isère près d’Albertville. J’y ai racheté la maison de mon grand-père, une véritable maison de hameau que j’ai retapée. J’ai installé mon bureau dans son ancien atelier d’apiculteur. C’est une pièce voûtée, j’y suis comme dans un igloo. C’est mon univers. Il y a mes guitares, mes livres, le chat qui me rend visite. J’écris généralement le matin et plutôt l’hiver. A 8h30, je me fais un thé russe, je mets la musique, du reggae ou de la musique chamanique très zen, je regarde mes mails, je m’échauffe doucement. J’ai toujours à côté de moi deux livres : Le dictionnaire des idées suggérées par les mots, de Paul Rouaix, c’est ma bible depuis que j’ai 17 ans, et un recueil de poésie, Pablo Neruda en ce moment. Et en principe, à 9h, je me mets à écrire.

Il faut apprendre à domestiquer son imaginaire

Avez-vous un plan, une technique, un processus bien particulier quand vous écrivez ?

Oui et elle est très personnelle ! C’est la technique de la mosaïque. Je me documente, je prends des notes. J’ouvre le manuscrit avec tous les chapitres titrés. J’écris le début, la fin puis je remplis les scènes qui me viennent comme des petites morceaux de mosaïques. Il faut juste trouver le bon ton, la bonne musique qui correspond à l’histoire et c’est parti. Philippe Claudel et Sylvain Tesson, des copains, ne font pas du tout comme ça. Philippe lui commence à la première ligne et se laisse porter jusqu’au point final.

Un jour quelqu’un m’a dit que je publierais 40 livres. Tant que je ne les ai pas écrits, je ne peux pas mourir.

Une prochaine parution est-elle prévue dans les mois à venir ?

Un été surréel sort en novembre prochain et est en cours de correction chez l’éditeur. J’y relate l’histoire d’amour entre Salvador Dali et Gala, leur rencontre au cours de l’été 1929 à Caraquès au milieu des surréalistes réunis. Mais j’ai déjà la prochaine idée en tête. Je n’en parle pas encore, je n’ai pas encore signé le contrat pour celui-la !

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